Un village ouvert à l’expression artistique

Le Centre d’Art de La Salvetat-sur-Agoût

 Depuis que l’ancienne mairie du village a ré-ouvert ses portes après un indispensable « lifting », elle est principalement vouée au développement culturel et artistique dans la commune. Le Centre d’Art de La Salvetat-sur-Agoût y est désormais installé. Trois grandes salles sont proposées aux artistes locaux et régionaux pour exposer leurs œuvres. Une autre salle grande, claire et accueillante est mise à la disposition des associations d’arts et de culture pour les activités de  leurs différents ateliers. « Radio Peinard », la radio locale, y est installée.

Renseignements à la mairie de La Salvetat-sur-Agoût    tel 04 67 97 61 47

 « L’ART dans tous ses États » : Les ateliers du Centre d’Art

Ils se déroulent dans les locaux de l’ancienne mairie.

Atelier d’initiation à l’informatique

Programmation tous les mardis de 14h00 à 16h00, salle des Archers, rez-de-chaussée.

Premier cours : mardi 11 avril 2017. Inscriptions Radio Peinard (tel 04 67 97 55 39 – 06 40 09 59 16).

Animation de Aymeric Belan    association « L’ART dans tous ses États »

Atelier d’écriture en poésie

Le 1er vendredi du mois de 18h00 à 20h00.

Inscriptions auprès de Jean-Marie de Crozals    association « L’ART dans tous ses États »

tel 04 67 97 78 27 – 07 87 05 33 68

Atelier d’art plastique (peinture et dessin)

Chaque lundi de 15h00 à 17h30.

Chaque mercredi de 15h00 à 17h00.

Inscriptions auprès de Jean-Louis Ducros   association « L’ART dans tous ses États »

tel 06 12 12 07 03

Atelier musical (piano, orgue, violon et solfège)

Chaque mercredi, matin et après-midi.

Les cours sont ouverts aux enfants et aux adultes (cours individuels et cours de groupes, conférences).

Violon : débutants seulement.

Inscriptions auprès de Jean-Pierre Blayac    association « L’ART dans tous ses États »

tel 06 12 40 07 03

Atelier vannerie

Sur demande.

Inscriptions auprès de Maryline Martinez    association « L’ART dans tous ses États »

tel 04 67 97 53 16

Année 2017

 Sous le vent de l’inspiration et l’impulsion du Centre d’Art

Les peintres transforment l’esplanade des Troubadours

en un Barbizon de la montagne

Barbizon, petite ville de Seine-et-Marne, est réputée pour être l’un des endroits mythiques de la peinture pré-impressionniste en France. Dès 1830, ce qui est encore un hameau de bûcherons a accueilli, à l’auberge Ganne, tous les peintres venus chercher l’inspiration auprès d’une nature encore intacte (source Wikipédia). Bon… Oui… C’est bien sympa… Mais quel rapport avec le village de La Salvetat-sur-Agoût à la fin juillet 2017, direz-vous ?

D’emblée, une vision. Provoquée par l’organisation, par le Centre d’Art salvetois, d’une « Journée des Peintres » sur l’esplanade des Troubadours. Ce 28 juillet, en rompant sa rigidité, une foultitude de taches multicolores ont fleuri sur le noir goudron de l’endroit, des chevalets ont été dressés à l’entour et des dizaines de crayons, de fusains et de pinceaux se sont promenés sur des carnets de croquis et sur des toiles. Une journée paisible et attentive dédiée aux sensibilités d’artistes chenus ou naissants.

Sous l’impulsion de Jean-Louis Ducros, leur professeur émérite, les élèves de l’école de peinture villageoise se sont répandus pendant plusieurs heures sur l’esplanade des Troubadours, provoquant la curiosité, suscitant l’intérêt tout en repeignant l’endroit avec des couleurs dédiées au lent et savoureux plaisir des yeux. Dans un ample mouvement de vie à la fois ouvert et concentré tel celui de leurs crayons ou de leurs pinceaux avant la trace d’un trait sur un carnet, avant la caresse d’une toile.

J’ai vu Barbizon, appréciant d’autant une pacifique occupation de l’esplanade des Troubadours par un lot d’artistes sans orgueil ni prétention, attentifs à l’expression de leurs différents talents. Enfouis dans le plaisir.

L’an prochain, il va falloir tordre le cou au vent.


texte et photos JMH

Yvonne Grossmann

La liberté pour horizon

Elle possède un sourire ravageur. C’est sans doute sa façon à elle de faire comprendre qu’elle doit son rayonnement aux feux de la liberté.  Car Yvonne Grossmann peint en liberté. Rebelle aux contraintes académiques, elle fonce droit dans la toile, le bois ou le papier, à coups d’acrylique. « L’huile ne sèche pas assez vite » dit-elle, soulignant s’il le fallait encore une détermination à la fois curieuse et gourmande. Un appétit de vie.

Rencontrée en juillet 2017 lors d’une exposition de ses peintures  au Centre d’Art de La Salvetat-sur-Agoût, Yvonne Grossmann ne surjoue pas le rôle de l’artiste. D’un naturel parfois déconcertant, elle rit malicieusement, plisse les yeux et s’expose elle-même sans fard : « J’ai une prédilection pour deux types de sujets, la nature et les sites industriels abandonnés. Une opposition dans les choix qui me stimule. Je suis également inspirée par les couleurs et les formes. Aussi, quand ça me saute aux yeux, ça part… Je travaille souvent de façon irréfléchie. Ce sont les sujets qui s’imposent, provoquent et me conduisent à bonne fin. »

Ses peintures mais également ses collages, qu’elle définit toutes et tous comme abstraits, Yvonne Grossmann les travaille au rythme de ses appétits. Ce qu’a assimilé Jean-Louis Ducros, son professeurs depuis l’année 2009 : « Je ne connaissais alors rien du tout. J’avais seulement l’envie de peindre de l’abstrait. Jean-Louis a tout de suite été d’accord et m’a appris à entreprendre librement un tableau. Et puis, l’air de ne pas y toucher, il m’accompagne vers où je dois techniquement aller… »

La Salvetat sur Agoût. Culture. Yvonne Grossmann
La Salvetat sur Agoût. Yvonne Grossmann. Panama

Yvonne Grossmann sait qu’elle doit suivre encore quelque temps les conseils de son professeur, régulateur avisé d’une fougue étincelante. Le jour où la bride sera lâchée, où les horizons chanteront alors la vraie liberté, celle de l’affranchissement gagné, gageons que l’artiste saura nous étonner. Puisse-t-elle le faire tout sourire et simplicité, comme aujourd’hui !

Année 2016

 Sortis du bois et des réserves d’un atelier

Les fantasmes d’un éclectique du pinceau

et les secrets d’un enfant de la Terre

Après la présentation, en juillet 2016, des travaux des élèves de l’école de peinture de Jean-Louis Ducros, le Centre d’Art de La Salvetat-sur-Agoût accueille deux expositions en une seule : Des travaux personnels de Jean-Louis Ducros, d’importantes et étonnantes sculptures sur bois de René Prestat.

Un vernissage a réuni divers amis de l’art le vendredi 12 août, en compagnie de Thibault Estadieu, maire de La Salvetat-sur-Agoût, et de Jacqueline Granier, conseillère municipale.

Jean-Louis Ducros traduit Charles Beaudelaire

« Quand on m’a proposé de monter une exposition de mes œuvres, aussi proche de celle de l’an passé, j’ai longtemps hésité… Et puis, je me suis dit que ce serait l’occasion de faire apparaître au grand jour quelques toiles enfouies au plus secret de mon atelier… » Jean-Louis Ducros a du flair. Effectivement, le peintre, professeur au Centre d’Art de La Salvetat-sur-Agoût, étonne en livrant de surprenantes peintures aux tonalités abstraites dominantes.

« Ce sont des sujets bien personnels. Sans contrat, sans tendance et donc, libre, je mène des recherches tous azimuts. Je balise large… » On ne s’étonne donc pas de côtoyer la vision interprétée d’un mythe inca puis de s’enivrer coquinement aux parfums des « Fleurs du Mal » de Baudelaire avant d’afficher sa perplexité face aux métamorphoses d’Ovide.

Le cru Jean-Louis Ducros 2016 semble avoir bien mis à profit la température de l’atelier du peintre car, une fois en bouche, il flatte ou provoque les sens selon qu’il témoigne d’une subtile recherche dans la fusion colorimétrique ou commente quelques visions beaudelairiennes.

En compagnie du poète parnassien à l’influence patente, l’artiste se plaît notamment à projeter quelques fantasmes à connotation érotique sur la toile, fantasmes qu’il modère bien vite, en jouant des noirs et des gris ainsi qu’avec l’adjonction, en accompagnement, de quelques extraits des « Fleurs du Mal » : « Un spectre fait de grâce et de splendeur] À sa rêveuse allure orientale » et « Quand elle atteint sa totale grandeur] Je reconnais ma belle visiteuse] C’est elle, noire et pourtant lumineuse »

Malicieux et cachottier Jean-Louis Ducros… Pourquoi donc ses interprétations d’un poète en marge de son temps projetées sur les plus grandes toiles de l’exposition nous subjuguent-elles en nous ravissant tout autant ?

René Prestat sculpte vie et sentiments

René Prestat n’a pas participé au vernissage de l’exposition réunissant ses œuvres et celles de Jean-Louis Ducros. Difficile donc d’échanger… Pour faire tout de même connaissance, reprenons l’un des écrits réalisé par l’association des « Amis du Château de Lacaze » dont il fait partie : « … Toutes ses sculptures (…) représentent les rêves et mémoires de la vie d’un homme simple, dans le plus beau sens du terme, un enfant de la terre, qui a grandi au milieu des champs, des bois et des bêtes, avant d’entreprendre puis d’affirmer sa vocation artistique… »

Quand on circule entre ses imposantes sculptures, on est interpellé(e) par la puissance de la matière travaillée, des bois empruntés à différentes essences d’arbres, par le rendu du vigoureux contact du burin qui entaille tout en caressant délicatement pour arrondir ou miniaturiser les formes des sujets et par cette attention partageuse et complice liant l’artiste aux mêmes sujets.

Qu’elles soient fruits de l’interprétation imaginaire (« Les sept péchés capitaux », « Les entrailles de la terre », « Les chevaux ») ou à connotation sentimentale (« La rencontre », « Le baiser », etc), les sculptures présentées à La Salvetat-sur-Agoût par René Prestat ont valeur d’échantillons tant l’homme est prolifique. Ses œuvres majeures ne sont pas là : « Le bal rétro », « Les sept péchés capitaux » et « Les quatre saisons ». Dommage mais certainement à voir dans le château de Lacaze… Une bonne centaine de sculptures n’auraient pas pu occuper l’entier du Centre d’Art.

En fait, attaché à la vie paysanne, observateur minutieux de ses mœurs et coutumes et témoin des gestes populaires, René Prestat sculpte en autodidacte éclairé et témoigne devant la nature de ce qu’elle sait si bien donner et inspirer : La vie, l’amour et l’empathie. Sans son porteur, le 12 août, le message est passé. Quelques sculptures ambassadrices ont joué au facteur.


texte et photos JMH

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