La Salvetat-sur-Agoût à l’heure d’hier

L’Histoire prend son élan au XI° Siècle

Aux environs de l’An Mil furent construites les premières habitations salvetoises autour de la chapelle Saint Étienne de Cavall, généralement appelée Notre Dame d’Entraygues, entre les eaux de la Vèbre et de l’Agoût.

Au cours du XII° Siècle, et pour d’évidentes raisons de sécurité, le village gagna un piton rocheux inscrit dans un méandre de l’Agoût. Il y demeure. Le château du seigneur de La Salvetat, Guillaume de Jourdain, fut édifié au plus haut. Tous avaient à se défdndre des fréquentes attaques d’ennemis voisins, notamment de celles du Vicomte de Lautrec. Le nom du village naquit alors, issu du latin « salvare » traduit en vieux français : « la sauveté ».

Histoire mouvementée ! À la suite de différents entre seigneurs, le château et les remparts de La Salvetat furent ruinés en 114 puis reconstruits entre 1171 et 1175. Il allait en être ainsi au fil des siècles : Incendies, destructions, reconstructions… Il subsiste aujourd’hui divers vestiges, témoins de plus de mille ans d’existence.

Les plus anciens témoins du passé

La chapelle Saint Étienne de Cavall et le vieux pont sur la Vèbre sont les plus anciens de ces témoins. La chapelle abrite la statue dite « miraculeuse » d’une vierge noire sculptée au XI° Siècle et trouvée, selon la légende, par un bœuf dans un gouffre de « las campanos », à la confluence de la Vèbre et de l’Agoût.

La célébration d’une messe hebdomadaire dans cette chapelle a peut-être pour origine une tradition issue du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle. La Salvetat-sur-Agoût en constitue une importante étape sur l’itinéraire d’Arles, entre Murat-sur-Vèbre et Anglès. Une autre légende raconte que le vieux pont sur la Vèbre (situé à l’embranchement des routes de Lacaune et de Nages) aurait été édifié par des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle.

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Le village actuel s'assied sur les vestiges d'un tumultueux passé, au faîte d'un piton surgi dans un méandre de l'Agoût
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Unique vestige d'une chapelle des Pénitents Blancs, cette superbe croix de pierre marque un angle de la promenade d'entre-remparts, également appelée "la plateforme"

La Portanelle, haut lieu de résistance

Durant le Moyen-Âge, deux nouveaux passages ont été taillés dans les remparts afin de faciliter le négoce entre le village et l’extérieur : La Poterne et le Carental. Situés tous deux face à l’actuel pont neuf (route de Saint Pons-de-Thomières), ils ont contribué à affaiblir la défense des lieux.

De nos jours, qui vient visiter le vieux village franchit soit le portail vieux, à l’entrée de la rue de la Poterne, antérieurement entrée principale de la cité médiévale, soit la Portanelle, petit passage dominant un ancien escalier reliant le « bas nouveau » au « haut historique » de La Salvetat-sur-Agoût. De dernière endroit est célèbre : C’est de la Portanelle que les Salvetois et le comte d’Espradels ont repoussé un violent assaut protestant en 1567.

En déambulant par les rues, les venelles et les passages du vieux village, le visiteur découvre des porches, des fenêtres à meneaux, des voûtes, des lucarnes et « fenestrous » (voir le diaporama, page suivante), l’ancien donjon et la tour Cazal. Sur la placette du carré du donjon, le presbytère et sa porte en ogive, l’ancien puits, sont très remarquables et remarqués.

Le chemin d’Arles à Saint Jacques-de-Compostelle, qui traverse le village d’une porte à l’autre, fait halte au presbytère où le pèlerin trouve toujours le gîte. Fidélité des temps…

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L'église Saint Etienne

Un lieu de villégiature, grenier pour évêques

Selon Michel Cros, historien local, l’abbaye voisine de Saint Pons-de-Thomières a été érigée en évêché en 1318 par le pape Jean XXII et, dans la foulée (si l’on peut dire), la communauté de La Salvetat attribuée à l’évêque en 1327. « C’est peut-être à cette date que remonte l’origine du tourisme dans notre pays, souligne malicieusement l’historien, puisque les évêques, attirés par le site et la fraîcheur des montagnes salvetoises, firent agrandir le château et y établirent leur résidence d’été. Le domaine de La Salvetat devint le « grenier » de l’évêché de Saint Pons qu’il ravitailla en céréales, pommes de terre et viandes. »

Une chapelle des Pénitents Blancs a été la première église du village, vers 1100. Église du château, elle a été fréquentée, entretenue et probablement restaurée par les évêques. Ensuite abandonnée, elle a été détruite en 1952 pour cause de vétusté. La très belle croix de pierre, datée 1673, qui en subsiste marque son emplacement à un angle de la « plateforme » (photo ci-dessus), une promenade née de la construction, par les évêques, de nouveaux remparts devant les anciennes fortifications du village.

L’actuelle église paroissiale Saint Étienne a été bâtie en 1865, à l’emplacement d’une autre ancienne église dédiée à Saint Albin, détruite en 1863. Ce sont les services des POnts-et-Chaussées d’alors qui l’ont édifiée. Le culte catholique (très suivi sur la montagne) y est célébré depuis 1868. Les chapiteaux des piliers ont été sculptés bien plus tard, en 1947.

Les évêques de Saint POns-de-Thomières n’ont pas été les seuls à s’intéresser et à profiter des bienfaits de La Salvetat-sur-Agoût. Jusqu’en 1961, il a existé, dans le village, un hôtel particulier appartenant aux seigneurs de Montarnaud, de la Maison d’Azémar, grande famille du Languedoc. Pour vestige de cet hôtel, il reste… un cadran solaire.