Autrefois landes, aujourd’hui belles forêts

Une affaire de spécialistes

Comme tout paysage, celui qui compose le tableau forestier et champêtre de la commune de La Salvetat-sur-Agoût est modelé par le temps, les nécessités humaines et l’apprentissage et l’intégration, par l’homme, des leçons de la nature. Dans cette partie du Haut Languedoc, la forêt, au sens large du mot, représente désormais un véritable trésor naturel et économique dont la gestion est affaire de spécialistes.

Ces spécialistes, nous les rencontrons à l’Office National des Forêts (ONF) pour ce qui concerne la gestion de la forêt domaniale du Somail (propriété d’État), et au Centre Régional de la Propriété Forestière (CRPF) pour ce qui concerne la forêt privée. Les premiers interviennent depuis le domaine de Combesalat, en Somail, les seconds depuis l’agence CRPF 34 de Bédarieux (Hérault).

La commune ne possédant pas de forêts en propre, son territoire est à la fois boisé en domanial d’État sur sa partie territoriale du massif du Somail et en propriétés privées, disséminées parmi le patchwork forestier global. Aussi, conscients de l’importance de nos forêts, les élus participent activement à toutes réflexions et orientations, en partenariat avec les instances décisionnaires. Notamment au sein de la Communauté de Communes de la Montagne du Haut Languedoc (CCMHL), à laquelle est intégré le territoire de la commune de La Salvetat-sur-Agoût.

Des siècles de déboisements…

La région dont fait partie le territoire de la commune de La Salvetat-sur-Agoût constitue une véritable barrière montagneuse au nord-ouest du département de l’Hérault. Les paysages sont très forestiers : introduits depuis une cinquantaine d’années, les résineux (épicéa commun, sapin pectiné, douglas…) côtoient les feuillus (hêtres, chênes, châtaigniers…).

Les hommes ont occupé cette région dès 7 000 avant Jésus-Christ. Les premiers défrichements connus datent de quelques centaines d’années avant notre ère. Les peuplements de hêtres et de chênes sont alors en pleine expansion. Certains d’entre eux ont déjà évolué vers le taillis dégradé ou la lande à éricacées. Depuis, les phases de défrichement et de reconquête des espaces par la forêt se succèdent, correspondant à des phases d’augmentation et de diminution de la population.

Les besoins de l’industrie ont également amplifié les mouvements de déboisement, notamment du XVème au XVIIIème Siècle, les taillis de hêtres subissant alors des exploitations à courte rotation pour alimenter des fours des verreries. À la fin du XVIIIème Siècle et durant tout le XIXème Siècle, la région est très peuplée. Les besoins alimentaires sont très importants et le système autarcique oblige à produire sur place. Composées notamment de hêtres et de chênes, les forêts sont intensivement défrichées pour fournir du bois de chauffage et de construction (charpente) et pour laisser la place aux cultures et aux troupeaux. Les massifs du Somail et de l’Espinouse sont entièrement couverts de landes.

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…aux effets dévastateurs puis prometteurs

Du fait de cette déforestation, les versants les plus abrupts sont soumis à une érosion sévère et la roche affleure. En 1859 et 1875, des inondations catastrophiques ravagent les communes situées dans les vallées de l’Orb, de la Mare et du Jaur, en contrebas des massifs du Somail et de l’Espinouse. La prise de conscience par l’Administration du danger causé par la déforestation et du manque de bois qui se fait sentir un peu partout, conduit les pouvoirs publics à favoriser les plantations forestières. Un document émanant de l’ONF situe avec précision cet historique de l’actuelle forêt du Somail, issue d’anciennes forêts domaniales (forêts de la Blanque, Saint-Pons et Corniou) et de plusieurs phases d’acquisition et de reboisement :

  • Les premiers reboisements sont consécutifs aux lois RTM (Restauration des Terrains en Montagne) mises en application à la suite des inondations de 1859 et de 1875 dont les conséquences, outre les ravages précédemment cités, avaient affecté le bassin Adour-Garonne qui collecte entre autres les eaux de l’Agoût et de l’Arn.
  •  Les deuxièmes reboisements résultent d’une loi de 1913 modifiant les précédentes, mise en application après la guerre de 14-18, incitant alors l’État, les communes et les particuliers à reboiser des terres délaissées par l’agriculture et l’élevage à la suite d’un exode rural causé par la guerre.

Cet aspect historique explique pour bonne part la physionomie actuelle de la forêt du Somail :

  •  Hêtraies sur souche issues de conversion de taillis vers 1880-1890, enrichies pour partie en sapins, épicéas et pins.
  •  Boisements en plein, plus récents et réalisés en résineux par des chantiers de chômeurs (1935-1938), des chantiers de jeunesse (1941-1943) et par la conccrétisation de contrats du FFN ( Fonds Forestier National) depuis 1948.

Aujourd’hui, la couverture forestière des Monts du Somail-Espinouse et de la bordure sud des Monts de Lacaune assure la protection des sols contre l’érosion et joue un rôle important dans la régulation du régime des eaux. Ces contrées forment une région essentiellement forestière où subsiste une agriculture centrée sur l’élevage bovin. Ces deux pôles d’activités sont de plus en plus liés à une fréquentation touristique en constante augmentation. Les sites aménagés (lac de la Raviège, lac de Vesoles) attirent de plus en plus de visiteurs. Les massifs sont fréquentés par de nombreux randonneurs et visiteurs.

Principales essences d’arbres

rencontrées en forêt salvetoise

  • Résineux : Douglas Vert, Épicéa Commun, Sapin Pectiné, Sapin Nordman, Pin Sylvestre, Pin Laricio, Pin Noir d’Autriche.
  • Feuillus : Hêtre, Chêne Rouvre, Frêne Commun, Châtaignier, Orme des Montagnes, Érable Sycomore, Sorbier des Oiseleurs, Alisier Blanc.

Les taux de boisements

Globalement, le taux de boisement de la commune de La Salvetat-sur-Agoût se situe entre 60 et 70%. Les surfaces domaniales en constituent 31%, les surfaces privées 69%.

Les taux par types de boisements (pour 56% de résineux et 44% de feuillus) : 11% de futaies de feuillus, 29% de taillis de feuillus, 56% de taillis de résineux.

Infos et recommandations

  • Les souches, branches et houppiers laissés en forêt après exploitation vont se décomposer et produire de la matière organique. Ils contribuent à maintenir la fertilité des sols. La présence d’arbres morts sur pied accroit la biodiversité.
  • Les jeunes semis sont les grands arbres de demain. Pour les préserver, ne pénétrez pas dans les plantation ni dans les zones de régénération.
  • Limitez les déplacements en véhicules. La promenade pédestre est le meilleur moyen pour découvrir les milieux naturels.
  • L’incendie est un risque majeur. Tout type de feu en forêt est strictement interdit.
  • La faune sauvage a besoin de quiétude et ne doit pas être dérangée.
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